Pression sur les FARC ou... sur Chavez ?

Publié le par Daegann

    Frappe Colombienne en Equateur pour assassiner Raul Reyes, le numéro 2 des FARC, Arrestation en Thaïlande de Viktor Bout soupçonné d'être en Asie pour finaliser la vente d'armes aux FARC, nouvelle mort d'un Commandant FARC... On dirait bien que la Colombie et/ou les USA ont envie d'en finir avec la guérilla. En fait, en regardant de plus près, peut-être que l'objectif de la Colombie et/ou des USA n'est pas si simple que ça. Revenons sur quelques événements récents...

Buzz sur Ingrid Betancourt et libération d'otages : La monté en puissance de Chavez

bet.jpg    Depuis l'an dernier on assiste à une médiatisation plus importante de la situation en Colombie. Cela est principalement dû au buzz qu'ont créé ou tenté de créé les enfants d'Ingrid Betancourt retenue depuis de longues année par la guérilla colombienne. A ce buzz vient s'ajouter Hugo Chavez, président du Venezuela et bête noire des Etats-Unis en Amérique Latine. En effet, Chavez affiche sa volonté de jouer un rôle de médiateur pour organiser la libération d'otage retenue par les FARC.

    Le 18 décembre 2007, suite à la médiation d'Hugo Chavez, les FARC annoncent la libération prochaine d'otages incluant Clara Rojas. Pourtant la libération est finalement reportée dans une situation pas très claire. Ne sachant pas trop si ce report est dû à la mauvaise volonté des FARC ou à des manoeuvres du gouvernement Colombien. Quoi qu'il en soit début 2008, plusieurs otages sont finalement libérés. Victoire médiatique pour Chavez qui apparaît comme un héro au grand dam du président Colombien Uribe et des USA.

    Et puis le 1er mars 2008, la Colombie, peut-être appuyé par (ou au moins avec l'aval) des USA lance une attaque du coté équatorien de la frontière visant à tuer Raul Reyes, le numéro 2 des FARC aussi connu comme négociateur des FARC concernant la libération d'otages. Cet incident provoque une grave crise diplomatique entre la Colombie d'une part et l'équateur soutenue par le Venezuela d'autre part. Uribe accuse l'équateur de soutenir les FARC tandis que Correa, le président équatorien déclare que ces contacts ne visait qu'à faire libérer de nouveaux otages dont Ingrid Betancourt aurait pu faire partie. Cette attaque met donc a priori un coup d'arrêt brutal au climat qui avait permit la libération de plusieurs otages en début d'année. Et comme si cela ne suffisait pas, moins d'une semaine après la mort de Reyes, la Colombie annonce la mort d'un deuxième pilier des FARC : Ivan Rios, tué par l'un de ses propres hommes après un harcèlement militaire colombien des positions de Rios depuis le 17 février. Et enfin, Viktor Bout, l'un des plus gros trafiquant d'arme international qui devait vraisemblablement conclure un marché avec les FARC est arrêté jeudi dernier en Thaïlande, empêchant de facto les FARC d'obtenir de nouvelles armes (si c'est bien de cela dont il s’agit).

L'objectif : Mettre des bâtons dans les roues de Chavez ?

hugo-chavez-02.jpg    En clair, ces derniers jours la Colombie et les USA ont frappé fort contre les FARC faisant tomber d'importants leaders du mouvement et tentant de décapiter leur approvisionnement en armes et munitions. Pour peu, on pourrait penser que la pression va encore s'accentuer sur les FARC dans les prochains jours, peut-être jusqu'à l'effondrement du plus vieux mouvements de guérilla marxiste en activité. Mais... Et si ces manoeuvres n'avaient pour but que de contrer l'influence de Chavez en Amérique Latine ? En torpillant les négociations pour la libération de nouveaux otages par exemple. C'est peut-être tiré par les cheveux mais attaquer en territoire équatorien et accuser l'Equateur d'entretenir des relations avec les FARC ; cela permet d'attirer l'attention de la scène internationale et de "diaboliser" l'équateur et son allié vénézuelien par la même occasion. Si c'est bien ce que voulait Uribe, le calcul était mauvais car les pays d'Amérique Latines, le Venezuela en tête ont vivement condamné cette attaque ; démontrant ainsi d'une certaine manière l'influence de Chavez dans la région. Quoi qu'il en soit, cette attaque ainsi que les attaques des forces colombiennes contre les positions des FARC ne risque pas de créer un climat favorable à la libération de nouveaux otages, ce qui évite que Chavez ne gagne encore en popularité en Amérique Latine.

    Au final, je ne sais pas trop quoi penser. Tout cela est certainement lié et calculé mais je ne suis clairement pas un spécialiste de l'Amérique Latine (contrairement à la Corée) et je ne connais pas tout les tenants et aboutissant. Bref loin d'être une véritable théorie de la conspiration, il s'agit là d'une réflexion personnelle et d'interrogations tout aussi personnelles.

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