JSA - Joint Security Area

Publié le par Daegann

Réalisateur : 
   Park Chan-wook (Sympathy for Mr Vengeance, Old Boy)
Acteurs :
 
  Song Kang-ho (Shiri, Sympathy for Mr Vengeance, Memories of murder)
  Lee Byung-heon (A bettersweet life)
  Lee Young-ae
  Shin Ah-kyun (Guns & Talks, Sympathy for Mr Vengeance)
Style :
   Drame / Thriller politique


  A la fin de la guerre de Corée en 1953, une zone démilitarisée (DMZ) fut établie au 38ème parallèle. Cela allait aboutir de nos jours à la plus grande concentration militaire au monde massé des deux coté de cette DMZ. Les deux armées ne font que se regarder à distance (même si avant le sommet intercoréen en 2000 les échanges de tir n'étaient pas si rare) et n'ont pas de réelle contact. Excepté dans quelques rares endroit appeler zone de sécurité commune ou "Join Security Area"... C'est le cas par exemple de Panmunjom où à été signé l'armistice en 53. Mais même là les deux camps reste de leur coté de la frontière à s'observer.

 
  Le film aborde ce thème douloureux de la séparation des deux Corée et met en avant certains cotés absurde de cette complexe et parfois paradoxal situation. En ce sens JSA constitue une très bonne approche pour découvrir cette situation avec simplicité, chose qui n'était pas évidente et qui constitue l'un des nombreux point fort de ce film. Les autres points forts concernent entre autre le scénario, car en dehors du contexte il y a une véritable histoire, un drame magnifiquement interprété avec des passages vraiment amusant et une réalisation impeccable.

  Pour vous parler du film en lui-même, je vais recopier un article bien écrit que j'avais trouvé sur le net il y a un moment :

  "L'autre côté", tel est le leitmotiv qui alimentera jusqu'au bout le récit de Joint Security Area (autrement dit Zone Commune de Sécurité). La représentation double de la ligne séparatrice (une bande de ciment et un pont dit du "non-retour") est si imparable qu'elle va au-delà de la xenophobie, de la peur de l'autre. Les idéaux politiques disparaissent même derrière une Loi aussi impérative que celles des Tables sacrées : ne jamais franchir la ligne ! Une fois compris cet interdit absolu, on comprend tout le poids de la transgression commise par Lee Soo-Yeok, avant même d'en connaître les causes. C'est toute la force du film de Chan-Wook Park que de nous faire assimiler avec simplicité des peurs et des réflexes, hérités d'un long passé conflictuel, pour mieux nous identifier aux personnages et nous préparer au drame que l'on sait.

  Car JSA repose sur deux systèmes narratifs superposés : le premier suit le parcours du Major Sophie E. Lang dans son enquête méthodique visant à vérifier les alibis respectifs de Lee Soo-Hyeok et de leur homologue Nord Coréen. Le second repose sur une succession de flashbacks émanant des souvenirs partiels des deux sergents Coréens qui, juxtaposés, nous racontent les causes complexes et psychologiques ayant conduit au massacre.

 
  Le propos du réalisateur n'est pas de nous embarquer dans un jeu de piste où le spectateur participerait activement à l'enquête. S'appuyant sur un scénario solide et documenté, il se ''contente'' de raconter un drame humain. Le thriller politique que l'on pouvait présager ne subsiste qu'en toile de fond pour faire la part belle aux personnages. Ceux-ci sont doublement servis : par d'excellents interprètes d'une part, l'un d'eux ayant été d'ailleurs récompensé du Prix du Meilleur Acteur au Festival Panasia de Deauville; par la mise en scène d'autre part.

  Toujours à la recherche du détail juste, celui qui ancrera définitivement chaque composante de l'histoire dans le réel, Park Chan-Wook émaille son film de scène(ttes) mémorables car semblant couler de source : la casquette d'une touriste qui s'envole et franchit la ligne, au grand embarras de tout le monde; l'étude des habitudes d'un soldat rechargeant son arme; une scène d'autopsie d'un réalisme rare; la rencontre de deux patrouilles ennemies dans une immensité enneigée où la ligne n'est plus visible etc... JSA regorge littéralement de ces idées simples mais imparables, confirmant ainsi la grande cohérence du film et la maîtrise indiscutable de son maître d'oeuvre.


  Il est à noter que les producteurs de JSA ont récemment signé un contrat autorisant Hollywood à en faire un remake. Ce remake devrait prendre place à la frontière américano mexicaine et sera écrit par David Franzoni. Je ne sais pas ce que donnera ce remake mais il parait évident qu'il y aura beaucoup de différence et que le film perdra une grande partie de son intérêt du fait de la particularité géopolitique de la Corée. De plus il sera amha difficile d'égaler l'excellent JSA tant dans sa réalisation que dans le jeu de ses acteurs. Donc si vous avez l'occasion de voir ce dernier (qui est disponible en DVD zone 2) je vous invite vraiment à le faire.

 

 

Publié dans [Corée] Films

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